lundi 7 mai 2012
dimanche 6 mai 2012
vers Ranomafana
Aujourd'hui, encore un bout de RN7 avant de partir vers l'est et Ranomafana.Départ matinal sous le soleil. Haingo trouve d'ailleurs qu'on a beaucoup de chance avec la météo ! Depuis qu'on est ensemble, il fait toujours beau...
Au bout d'un moment, pause café. Bien sûr, à peine le 806 arrêté, on est assailli par les gamins toujours aussi volubiles. Bonjour vazaha... Stylo vazaha... Savon vazaha... Rien que de très habituel. Souvent, il s'agit surtout d'un jeu entre eux pour rentrer en communication et ils n'insistent guère... Mais aussi, plus inhabituel et dérangeant dans sa formulation, donne moi l'argent ! Les subtilités du français semblent s'être perdues au fil des générations... un des bénéfices de la "malgachisation" de l'enseignement...
Comme d'habitude, ils retournent rapidement à leurs jeux mais l'un d'entre eux engage la conversation. Bonjour, je m'appelle Antonio. Comment t'appelles tu ?... D'où viens tu ?... Où vas tu ? Moi, j'ai 9 ans. Quel âge as-tu ? Oui, je vais à l'école. Je suis au CM1. Je suis intriguée... Il ne nous demande rien, ne nous propose rien, il s'exprime bien et clairement, son envie de bien faire est touchante. Une dame se tient un peu en retrait. C'est ta maman ? Elle s'approche et nous explique qu'elle lui apprend le français et l'anglais car bien parler les langues des vazahas, c'est la seule vraie chance de s'en sortir pour les Malgaches... et que, aujourd'hui, les instituteurs ne savent plus "le bon français"... et que de toutes façons, les écoles sont fermées depuis des mois car ils sont en grève... alors, elle l'encourage à aller discuter avec les touristes de passage...
Bizarre cette question de grève des enseignants... On entend tout et son contraire.... Qu'ils demandent une augmentation de salaire que le gouvernement leur refuse, qu'ils refusent ce que leur propose le gouvernement, qu'ils continuent d'être payés -30€ par mois environ pour un instituteur.... et qu'ils font durer parce que pendant ce temps ils vont aux champs et gagnent bien davantage.... Et les enfants pendant ce temps là ? dans la rue... Revenons à Antonio et à sa maman... ils nous proposent quand même des broderies de scènes traditionnelles malgaches. Les quelques milliers d'Ariary qu'ils en demandent nous semblent largement mérités ! Ce sera un vrai souvenir d'une belle rencontre... et promis, on leur enverra les photos !
Direction Ranomafana maintenant ! La route est toujours en aussi bon état mais beaucoup moins de trafic... juste des taxis-brousse et des camions. L'endroit est célèbre pour deux raisons : il y pleut quasiment toute l'année -sauf aujourd'hui ! enfin, "pour l'instant", tempère Haingo et pour sa source d'eau chaude. Pour une troisième aussi, mais plus récente : son parc national.
La descente est impressionnante... une forêt dense s'accroche au relief et dévale vers la vallée -on va passer de presque 1500m à 600- de l'eau partout... cascades, rivères... L'Amazonie, çà doit ressembler à çà... Peu à peu, les eucalyptus cèdent la place aux arbres du voyageurs, palmiers de toutes sortes, bananiers, fougères arborescentes... Même plus de rizières... Des arbres, des arbres, des arbres... immenses. L'enfer vert -version soft ! Haingo nous précise quand même que c'est infesté de serpents, d'araignées géantes, de moustiques évidemment et de plein d'autres petites bêtes adorables... Malin, çà donne envie pour demain !
On s'installe à l'hôtel Ihary -choisi par Haingo- avec ses bungalows le long de la rivière. Ouf, il y a une moustiquaire ! De toutes façons, même pas peur ! on a nos serpentins-qui-tuent. Mais bon, c'est rassurant... Notons, qu'il ne pleut toujours pas ! Tout va donc pour le mieux d'autant que nous avons réussi à convaincre à Haingo de ne pas déjeuner au milieu des vazahas. Le petit hotely sur lequel on jette notre dévolu s'appelle "chez Claire". çà doit être de bon augure ! Effectivement, écrevisses à gogo !
Après-midi tranquille à déambuler dans le village. Ranomafana ne serait sans doute jamais sorti de l'anonymat sans sa source d'eau chaude autour de laquelle les colons édifèrent un centre thermal. Donc, bains, hôtel tendance Vichy, à moins que ce ne soit Vittel. Le tout parfaitement décrépi... Les bains pourtant sont toujours en activité... Mais il faut vraiment avoir envie... ou besoin peut être ? Dommage, l'ensemble, bien restauré, ne serait pas sans charme... D'autant qu'autour, ce ne sont pas les lodges récents qui manquent...
C'est pas tout çà, mais maintenant, il faut se préparer.... Ce soir, on a découverte des caméléons nocturnes dans le parc ! Et oui... comme chacun sait ou devrait savoir, il y a les caméléons diurnes et les caméléons nocturnes ! Pantalons, chaussettes, baskets, pull à manches longues et veste de pluie. Ah oui, au fait, il pleut ! Lampes torche aussi. On se trouve mutuellement d'une élégance folle et on part retrouver Rodin, notre guide. Rentrer dans le parc sans guide, même pas la peine d'y penser !
Quelques kilomètres en 4x4 et "tout le monde descend!" . C'est là que la lampe torche trouve tout son intérêt parce que l' obscurité est to-ta-le ! Nous voilà partis sur un sentier où on n'y voit goutte. Enfin, si , c'est presque la seule chose qu'on voit... Celles qui passent au bout de notre nez... Rodin, lui, allume sa lampe par intermittence et l'agite dans tous les sens pour fouiller les arbres. Pas de caméléons pour l'instant mais un groupe de lémuriens qui vient voir les vazahas du soir... et sûrement, au bruit qu'elles font, plein de grenouilles partout... Et les caméléons, comment on les voit ?? Facile.... ils réfléchissent la lumière ! C'est pour çà que Rodin a l'air d'envoyer des messages en morse... Et soudain, devant nous, une tâche fluorescente ! Ils sont même plusieurs ! En fait, les caméléons nocturnes ne ressemblent pas du tout aux caméléons tels qu'on se les imagine... ils sont tout petits et ont l'air de gros têtards... On va en voir ensuite à plusieurs reprises, mais le plus grand fait à peine une dizaine de centimètres. Ce qui est bien, c'est que de se faire braquer la lumière en pleine figure n'a absolument pas l'air de les gêner... Tranquilles... On peut donc regarder et photographier à notre guise !
Retour à l'hôtel et SMS aux enfants pour leur demander de nous envoyer le résultat des élections, parce que ni connection Internet, ni réception de RFI. La réponse d'Olivier ne se fait pas attendre : tant pis pour vous !. Damien et Claire accusent réception de façon plus conventionnelle...
samedi 5 mai 2012
Ambositra
Petite grimpette vers le palais royal du dernier roi Betsileo.Facile et tranquille à travers les rizières puis les champs de patates douces ou de manioc. Samedi, c'est jour de grand marché à Ambositra, donc, on croise plein de paysans -on a bien sûr droit à l'habituel bonjour vazaha !- qui descendent vendre leur récolte de la semaine, ce qui leur permettra de faire leurs courses. On n'est pas loin du troc....
Au départ, on s'est fait un petit plaisir. Loin des yeux de Haingo, attentif à ce qu'on reste en bonne santé... on s'est offert des beignets de riz, tout chauds et fabriqués sous nos yeux... Un régal ! Un peu gras quand même... Mettons que c'est le prix à payer pour être sûr qu'ils ne servent pas de terrain de jeu aux mouches depuis des heures...
Il pleut bien un peu mais le paysage est splendide, un camaïeu de verts souligné de rouge.
Le palais royal, ce n'est pas vraiment Versailles... 2 cases, un tombeau... tout çà gardé par un gardien qui est ... au marché !
Pour la petite histoire, les devins avaient assuré à Mpamalina, le roi Betsileo, que tant qu'il restait dans l'enceinte de son palais, il était invincible. Assiégé par les Mernes, il jouait tranquillement aux échecs sur un rocher et se fit tirer comme un lapin depuis la colline d'en face... Fin du royaule Betsileo et consolidation de l'hégémonie des Mernes...
Au retour, on traverse un village et, surprise ! les artisans sont en plein travail. Peut être même bien qu'ils attendraient les touristes ?... Quoiqu'il en soit, démonstration du travail du bois. Là encore, comme pour le travail des cornes de zébus, petits moyens.... La roue qui entraîne le tour à bois est tournée à la main.... Et derrière, évidemment, les étals tenus par les femmes et les enfants. Et un assortiments de couverts à salade en bois de rose et palissandre qui viendra enrichir ma collection ! En revanche, toujours pas de planche à découper...
vendredi 4 mai 2012
Antsirabé - Ambositra
Nous continuons notre périple sur la RN7. Prochaine étape, Ambositra -prononcer Ambouchtr'- "là où il y a beaucoup de boeufs", à une centaine de kilomètres.La route est toujours en aussi bon état... et toujours aussi fréquentée ! Rizières en terrasses, champs de patates douces, de manioc, de haricots verts, de tomates, forêts d'eucalyptus. Maisons en pisé, en briques. Rouges et verts explosent sous le ciel toujours aussi bleu.
Arrêts café, photos et déjà la ville apparaît au delà des collines.
On prend nos quartiers au motel Violette à l'entrée de la ville. Une dizaine de petits bungalows joliment meublés -le nôtre en tous cas ! dans un parc luxuriant. De l'autre côté de la route, la terrasse du restaurant offre une vue somptueuse sur les rizières et sur les hauteurs de la ville. Il sera agréable d'y prendre le petit déjeuner !
Haingo nous propose d'aller déjeuner Chez l'Artisan dont la terrasse offre un autre joli point de vue sur la ville et les rizières en contre-bas. Proposition judicieuse pour la vue mais la terrasse est le point de rendez-vous de tous les vazahas de passage ! Il va falloir qu'on lui explique que ce genre de resto, pourquoi pas, mais pas systématiquement... mais on a bien déjeuné ! notre premier filet de zébu grillé ! Des années que j'en entends parler ! Donc, çà, c'est fait ! Restent les camarons gros comme des homards, les langoustes grillées...
Ensuite, petite balade en ville. Quel contraste entre la ville basse, traversée par la RN7, envahie par les étals du marché, à l'animation bon enfant et la ville haute, siège des administrations, avec ses rues tranquilles bordées de belles maisons aux balcons finement sculptés !
Ambositra est LA ville malgache du travail artisanal du bois... palissandre, bois de rose ou d'ébène. Souvent du travail de qualité, fruits du savoir-faire des villageois zafimaniry -prononcer zafimanir'- qui vivent dans les forêts entourant la ville. Statuettes, saladiers, boites, couverts, plateaux, pieds de lampes, coffres.... sculptés ou en marquetterie, il y a l'embarras du choix. Mais j'ai beau fouiller, demander... pas de planche à découper.... Parce qu'en fait, j'ai une commande spéciale ! Maryse m'a demandé de lui en rapporter une, pour remplacer la sienne qui vient de casser... Elle était pourtant sûre d'elle.... à Ambositra, tu vas trouver... ben non !
Ville haute, ville basse, la ville nous plaît bien mais on a aussi envie d'aller voir autour. Les collines environnantes doivent offrir une multitude de balades à la journée. On potasse nos guides, on va discuter dans les agences de "trek" et on se décide pour une marche vers l'ancien palais royal. Départ demain 8h.
L'après-midi est bien avancée mais on a vraiment envie de se dégourdir les jambes ! Haingo nous parle d'une grotte sacrée, à la sortie de la ville. Une heure aller-retour. Vendu !!
Un chemin qui monte tranquillement entre les eucalyptus, des gamins qui nous interpellent Bonjour vazaha! tu vas où ? En fait, c'est un chemin de croix qui nous conduit au sommet de la colline. Normal pour une grotte sacrée ! mais on ne s'attendait pas du tout à retrouver autant de monde, ni autant d'activité en haut ! Des gens sur des brancards, d'autres qui font chauffer des gamelles, des enfants qui jouent, et partout par petits groupes des femmes, des hommes, des enfants aussi installés dans des campements de fortune... Toute une vie semble s'être organisée sous les arbres...
Petit moment de flottement, jusqu'à ce qu'une dame vienne vers nous et nous demande si on cherche la grotte et nous propose de nous guider. En chemin, elle -on s'est présenté... elle s'appelle Nicole- nous dit que si la grotte est sacrée c'est parce qu'elle renferme une source miraculeuse -certains y ont retrouvé la vue- comme chez vous à Lourdes et que plusieurs fois par an, est organisé un grand rassemblement de plusieurs jours pour demander la guérison des malades. On est tombé en plein dedans... Puis, elle nous raconte qu'elle est là pour son fils qui est malade -on ne saura pas de quoi... avec sa fille, sa belle-fille et ses petits enfants. Au retour, Nicole nous présente tout le monde et feu roulant de questions... et d'où on vient en France ? et est-ce qu'on est malade ? et pourquoi on est venu là ? et à quel hôtel on est ? et combien de temps ? et quel âge tu as ? et combien tu as d'enfants ? et ils sont où ? et qu'est ce qu'ils font ? et si tu es pas malade, pourquoi tu es venu là ? Avec nos envies de randonneurs, on se sent un peu décalés... On redescend avec le sentiment d'être, l'espace de quelques instants, sortis de la carte postale...
jeudi 3 mai 2012
Antsirabé
Antsirabé , "là où il y a beaucoup de sel", est perchée à 1500m, d'où les nuits frisquettes et s’est développée à la fin du 19ème siècle autour de sources d’eaux chaudes. Les colons français en ont fait un centre thermal avec Hôtel des Thermes, gare, poste, avenues bordées d’arbres, jardins et villas cossues… Vichy sous le tropique du Capricorne ! C’est aujourd’hui un centre industriel important qui compte deux des plus grandes entreprises malgaches : la brasserie Star qui produit la fameuse Three Horses Beer, THB pour les initiés et Cotona qui est la plus grosse unité textile de tout l’océan indien.Ce matin, on l’a d'abord fait classique : artisanats locaux, miniatures et travail des cornes de zébus.
Puis, après avoir expliqué à Haingo que nous ce qu'on aime, c'est se promener au milieu des "vraies" gens, on va flâner en centre ville au rythme gasy… Café en regardant le trafic des pousse-pousse. Le patron de cet épi-bar -épicerie+bar- ne tarde pas à venir discuter avec nous. Et d'où est ce qu'on vient ? et combien de temps on reste ? et où on va aller ? Il aime les Français et d'ailleurs si la ville est aussi belle, c'est grâce aux Français ! Puis on déambule dans le marché couvert avec ses odeurs de beignets chauds. Fruits et légumes à profusion, et, comme on approche de l’hiver… des mandarines ! Le coin des bouchers, avec la viande étalée à l’air libre ou les volailles vivantes donne nettement moins envie… Quant à celui des poissons séchés…
La rue de l'Indépendance est bordée de grandes maisons aux larges varangues qui témoignent de la richesse passée de la ville. Le plus souvent, le rez-de-chaussée accueille une boutique, une échoppe, un épi-bar, voire un hotely, qui n'est pas un hôtel, mais une "gargotte" ! Et une gargotte est un petit restaurant gasy où on peut -parfois très bien- manger pour 10 000 Ariary, soit moins de 4€. Partout des pousse-pousse... qui sont arrivés sur l'île avec les migrants chinois ! Et, Vazaha, tu vas où?... Rappelle toi mon numéro ! le 12... Je t'emmène à ton hôtel Vazaha ?? La lutte est rude, les affaires doivent être difficiles...
Beaucoup d’enfants quand même partout alors qu’ils devraient être en classe. Petit à petit, on va apprendre que les enseignants du public sont en grève depuis plusieurs mois. Ils réclament une revalorisation de leurs salaires et un bras de fer s’est engagé entre eux et le gouvernement provisoire… En attendant, dans un pays où encore plus qu’ailleurs l’éducation devrait être une priorité absolue, c’est toute une frange de la jeunesse –et pas la moins favorisée- qui en paie et en paiera le prix. Sans école, difficile de se donner les moyens d’accéder à de meilleures conditions de vie…
Et cet après-midi, tranquille au soleil. Piscine à l'hôtel des Thermes -bah oui… et massage. Le cadre y est un rien surrané mais que du bonheur !
mercredi 2 mai 2012
Tana-Antsirabé
Réveil matinal et petit déjeuner-briefing "Mada aujourd’hui" par Alain le Belge. Personnage haut en couleurs, ex patron de restos branchés des nuits bruxelloises mais qui semble revenu de tout… dans le registre "c’était mieux avant" et "tous pourris". On a hâte de voir arriver Haingo !Avant de prendre la route d’Antsirabé, direction Tana pour signer le contrat qui va nous lier pendant 10 jours et effectuer le dépôt de garantie. Formel mais on apprécie. Plongée dans les embouteillages pour rallier la capitale… çà nous donne le temps de nous faire une première impression… Tana a quand même plus qu’une sale réputation… une des villes les plus polluées du monde, misère à tous les coins de rue, délinquance et criminalité en pleine explosion… Pierre est bluffé -qui en quelque sorte a fait un arrêt sur image il y a 30 ans, par la circulation- mais, pour moi, rien de bien différent de la plupart des grandes capitales ou métropoles que nous avons découvertes ces dernières années. On pourrait être dans les faubourgs de Colombo, de Dehli, de Madras, du Cap ou de bien des villes "moyennes" de Chine… Une succession ininterrompue de petits commerces divers et variés… fruits et légumes, vêtements, pièces automobiles, petite mécanique, réparations en tous genres, électro-ménager, canapés, lits et meubles directement sur le trottoir. Une foule de gens à pieds, des enfants qui vont à l’école, des bus bondés, une activité débordante, une circulation de folie qui s’écoule plutôt tranquillement… dans laquelle le jeu ne consiste pas à klaxonner plus fort que l’autre et où les règles de bases –priorité, rouler à droite, doubler à gauche ont l’air appliquées…
Régler les formalités, c’est bien mais quasi tout ce qu’on a retiré hier soir va partir dans la caution. Il faut donc qu’on change encore. Haingo a prévu et magistralement organisé les choses. Même pas besoin de quitter la voiture avec nos bagages à l’arrière. On est attendus et tout va se passer dans le 806, rideaux tirés quand même. Et à un taux plus intéressant que celui d’hier soir à l’aéroport !
Halte ravitaillement en eau au top des supermarchés locaux : Leaderprice puis, direction la route des vacances !! autrement dit THE RN7 ! Ici aussi, elle part plein sud depuis Tana pour descendre à travers les Hauts Plateaux jusqu’à la mer, à Tulear, 1000 kms plus loin.
Pour aujourd’hui, 170 seulement, jusqu’à Antsirabé. Très vite, on en prend plein les yeux ! Ciel bleu, terre rouge, maisons des villages à un étage en briques rouges elles aussi, rizières en terrasse à perte de vue… Nous sommes au coeur de l'Imerina, la région du peuple merina, qui est le grenier à riz de l'Océan Indien. Les Malgaches ont la préputation d'être les plus gros mangeurs de riz du monde !!
Au bout de quelques kilomètres, on aperçoit le palais que s’était fait construire l’ancien président Radsiraka… La circulation est toujours aussi dense… piétons en file quasi continue de deux côtés de la route, cyclistes, charrettes à zébus, poules, chiens… s’intercalent entre les voitures, les 4x4 –énormes-, les camions et les taxis-brousse. Sur les bas côtés, les villageois proposent des fruits et légumes et des produits d’artisanat : articles en sisal ou en raphia ici, instruments de musique plus loin ou encore jouets en bois. Encore un moment et nous voilà à Behenjy, la capitale ??? …. Du foie gras !!!! Arrêt dégustation… 3 tranches –plus que généreusement servies- de foie de canard aux raisins chacun, accompagnées d’un petit verre de vin blanc de Fianarantsoa, pas désagréable du tout ! pour le prix d’une –petite- pizza… çà c’est un début de vacances !!! Quelques kilomètres plus loin, c’est Ambatolampy centre de forge et de fonderie où sont fabriquées les batteries de cuisine en alu pour toute l’île. Visite d’un atelier. Bluffant ! Achat d’une mini marmite qui conviendra très bien pour les olives à l’apéritif !
Le soleil se couche de bonne heure et la nuit tombe déjà quand nous arrivons à Antsirabé. Petit tour de ville rapide avant de rejoindre l’hôtel. Chambre simple mais propre et confortable. Le temps de nous installer, de convenir de l’heure du dîner avec Haingo et on ne résiste pas à une petite exploration nocturne des environs ! La ville est quasiment plongée dans l’obscurité, l’éclairage public est très parcimonieux, mais l'activité est intense. Escortés par des tireurs de pousse-pousse, qui nous ont proposé leurs services à peine sortis de l'hôtel, on découvre la Place de l’Indépendance et la poste puis la gare, typiques de l’architecture française de la 3ème république importée par les colons. Dîner puis ??? débat sur RFI… bah oui…
mardi 1 mai 2012
CDG-Tana
Jour J !!!! Ce matin, tout s’est –presque- parfaitement enchaîné. Presque, parce que quand on pose nos sacs devant le panneau des départs, en 2 E, comme s’est précisé sur nos billets, pas de vol pour Tana… petit moment de flottement…. Renseignements pris, ce n’est plus 2 E mais 2C… Ensuite, enregistrement, contrôles, embarquement… tout se passe comme sur des roulettes et nous voilà installés pour 10 heures de vol… Vue imprenable sur le détroit de Messine, puis c’est l’Afrique qui défile… pas grand-chose à voir…22h... Les écrans nous indiquent qu'on survole le canal du Mozambique et les hôtesses nous invitent à nous remettre en configuration "aterrissage"... Tout en bas, noir absolu. Seuls quelques points lumineux tremblotants nous indiquent qu'on est en phase d'approche. Puis les roues heurtent le tarmac et l'aéroport d'Ivato se dessine dans le hublot... La porte s'ouvre enfin et un souffle d'air chaud s'engouffre dans l'avion. Je m'avance sur la passerelle et respire à pleins poumons. C'est un moment à ne pas rater. Chaque pays, chaque capitale a son odeur indéfinissable et pourtant si particulière.
22h30, le temps de descendre la passerelle, de traverser la piste et "ambiance de là-bas" direct ! UN avion et mora-mora… Attente interminable alors qu’avoir déjà les visas devait accélérer les choses… en gros, il ne se passe rien… nulle part…. aucune file n’avance… Une demi heure de patience avant de récupérer nos bagages. "nothing to declare" et dans la foule des porteurs, des chauffeurs de taxi, des familles, on aperçoit Haingo et sa pancarte. C’est peu de dire qu’on est émus… Cinq mois qu’on échange, qu’on l’imagine au travers de ses SMS ou de ses mails et le voilà devant nous ! Accueil sympathique, le courant passe. On charge les bagages dans le 806 et direction Les Frangipaniers chez Alain le Belge où une chambre nous attend !