samedi 12 mai 2012

Fianarantsoa-Tana

De Fianarantsoa, on n'aura pas vu grand chose.... Une autre fois, quand on ira jusqu'à Tulear... Aujourd'hui, il y a de la route à faire pour être à Tana avant la nuit.


C'est la fin de la première partie de notre voyage, celle avec Haingo et on a un pincement au coeur de le quitter déjà... Tout a été si vite ! Il nous a ouvert la porte de son pays, a été un chauffeur guide agréable, efficace et discret, toujours soucieux de notre bien-être et respectueux de notre rythme et de nos envies.


Remontée de la RN7 donc, le film à l'envers en accéléré. Le pays Betsileo, Ambositra et ses rizières, Antsirabé et ses pousse-pousse, le "coin du foie gras", le palais de Radsiraka.


Depuis qu'il a compris que nos portables avaient un GPS, Haingo meurt d'envie de l'utiliser dans sa voiture. Hier au soir on avait Internet, Pierre y a chargé la carte du trajet et ce matin quand il le pose sur le tableau de bord, notre Haingo est aux anges ! Il avait bien compris comment çà marchait, mais là, en live, c'est autre chose ! On décide de lui faire une surprise... On a pris deux "vieux" appareils pour y mettre des puces malgaches. L'un, pas si vieux ! a un GPS et on ne s'en sert pas. On va lui donner pendant le déjeuner. Mais il faudra trouver le mode d'emploi sur Internet. çà, on n'a pas...


Pendant qu'Haingo découvre son nouveau téléphone, nous on appelle Véronique et Olivier à Tana pour leur donner l'heure approximative de notre arrivée. Pas de problème, ils nous attendent, même si à cette heure là on risque de se croiser vite fait... et là, grande nouvelle ! Ce soir, l'ambassadeur remet l'Ordre National du Mérite à Olivier !!!! C'était prévu hier soir et du coup il n'en avait pas parlé... et maintenant, il s'excuse presque de ne pas nous avoir invités. Pas grave, pas sûr qu'on ait de quoi faire bonne figure dans les jardins de l'ambassade !


Le film continue de se rembobiner... Autre lumière malgré tout. Autres images aussi. Celles des files de paysans Betsileo en habit traditionnel, celle de jeunes qui reviennent fièrement du marché où ils ont acheté une charette à zébus neuve, celle de motards qui partent à Morondave par la piste, celles de méchants accidents qui nous rappellent qu'on a beau avoir le portable du médecin de l'ambassade, l'hôpital sûr le plus proche est à La Réunion et qu'il n'y a pas de SAMU pour nous amener à l'hélico...


Arrivée dans les embouteillages de Tana à la nuit tombante. La maison d'Olivier et Véronique n'est pas loin du lycée Alarobia où Pierre a été prof pendant 2 ans. Les explications sont claires et on trouve facilement. Ensuite, tout va très vite. Le portail qui s'ouvre, les gardiens qui nous accueillent, l'allée qui n'en finit plus, la maison tout éclairée, Olivier et Véronique prêts à partir dans le 4x4 qui tourne déjà, le personnel qui prend nos bagages, les adieux à Haingo... tout s'enchaîne à la vitesse de l'éclair !


Le temps de prendre une douche et on se retrouve tous les deux dans une maison immense, confortablement installés dans un canapé, à savourer un punch maison aux gombavas accompagné de sambos -le tout, fait et servi par Séraphine, la cuisinière ! La tête nous tourne un peu....

vendredi 11 mai 2012

Le train FCE. Fianarantsoa Côte Est.

Ce train est une vraie légende. Dans une région très enclavée, où les routes sont en mauvais état et sujettes aux aléas climatiques, c'est une artère indispensable à l'activité économique, essentiellement le transport des récoltes.

La voie ferrée a été construite au début du 20ème siècle. Les rails viennent de l'Allemagne de Bismarck, les wagons de Suisse. 10 ans de travaux pour 163 kms, 18 gares, 67 ponts, 48 tunnels -le plus long fait plus de 1000m, une pente jusqu'à 3,66% - la plus forte du monde, une vitesse moyenne de 20 kms/h les jours où tout va bien, 150 000 voyageurs et 15 mille tonnes de marchandises par an. Et c'est le seul train au monde à couper une piste d'envol !

Un horaire de départ approximatif : on part quand tout est chargé, une durée de trajet hypothétique : en fonction de celle des chargements et déchargements dans chaque gare et... de la météo ! Ala montée, s'il pleut, çà peut durer très longtemps parce qu'il n'est pas rare que le train -trop chargé- n'arrive pas à gravir la pente... alors, il recule...

Dans chaque gare, à l'arrivée du train , c'est l'effervescence... Les femmes et les enfants viennent proposer les produits locaux aux voyageurs : mandarines, bananes, ananas, sambos, beignets, écrevisses, boissons, poivre noir, vert, baies roses, piments, vanille, fleurs... La vie est difficile et tous comptent sur les passagers du train pour gagner quelques milliers d'Ariary supplémentaires...

Tout celà, on l'avait découvert dans un reportage à l'automne dernier et on avait été fasciné... sans imaginer s'installer dans le wagon réservé aux vazahas même pas 6 mois plus tard !!

Manakar-Fianarantsoa en train

On a découvert l'existence de ce train il y a quelques mois à l'occasion d'un reportage -genre "des trains pas comme les autres" et nous voilà prêts à y embarquer ! Forcément, çà fait un peu bizarre...


Départ 6h45. Il convient d'arriver en avance. Quand on arrive sur les 6h , il y a déjà beaucoup de monde et toute une vie s'est organisée devant la gare. Une femme a même dressé un véritable buffet, tables, bancs et propose café, thé, tartines, confitures, fruits et même pains au chocolat ou pain perdu !! On va y faire un petit déjeuner qui restera dans les annales !

Presque 6h30. On rentre dans le hall où se presse une foule bon enfant. Le train est en gare -il est arrivé hier soir- mais l'accès au quai est fermé. 6h40, il ne s'est rien passé... 6h45, heure prévue du départ... toujours rien... 7h, le préposé au contrôle des billets prend place dans sa guérite et vérifie un par un les titres de transport. Forcément, çà n'accélère pas les choses.


Pas loin de 7h15 quand on pénètre enfin sur le quai... Le wagon de 1ères -les vazahas n'ont pas le choix- est à l'arrière du train. Et nous, à l'arrière du wagon ! Côté "1ères" pas d'emballement ! çà rappelle un peu les vieux trains de banlieues... en plus vieux ! Banquettes défoncées, plancher aux lattes disjointes, voire manquantes, porte-bagages brinquebalants... On investit notre territoire d'une journée -2 banquettes face-face rien que pour nous! puis forts de nos expériences ferroviaires précédentes, on redescend nettoyer nos vitres, y compris celle de l'arrière du train. Bah oui, c'est mieux pour les photos !


7h30, rien... 8h, toujours rien. Mais sur le quai, l'activité est intense. Chargement des marchandises, petits revendeurs...

8h15, le départ !! La seule ligne de voyageurs de Madagascar prend son élan. Très vite, on comprend pourquoi les Malgaches appellent ce train le TGV... TGV comme Très Grandes Vibrations... çà va être sportif !


Au bout de quelques minutes à peine, une fois traversée la piste de l'aéroport, première halte. Aussitôt, ce qui au fil du voyage, va devenir un rituel se met en place. Des centaines de personnes semblent former une haie d'honneur et prennent l'assaut du train, parfois même avent son arrêt.


Une multitude de petits vendeurs se précipite aux fenêtres, sur les marchepieds ou à l’intérieur des wagons, et propose mandarines, bananes, beignets de légumes, sambos, oeufs durs voire écrevisses. C’est dire si le menu est vaste. Chaque village a sa spécialité. Ce sympathique buffet géant dure tant que dure le chargement des marchandises : 10 minutes, 20, 30 ou plus...

Mais il traduit aussi une tout autre réalité. Le passage du train est vital pour les paysans qui y embarquent leurs récoltes, leurs familles qui proposent de quoi améliorer le pique-nique des voyageurs mais aussi pour toute une population dépourvue qui vient quémander de quoi survivre, s’accrochant au moindre regard pour attraper un biscuit, un bout de sandwich ou une bouteille en plastique qui finira en récipient ou en épouvantail au milieu des cultures.


Dénuement et impuissance dont ne manquent pas de profiter deux de nos compagnons de voyage. Un policier et un gendarme, en grande tenue. A chaque arrêt, ils font embarquer des soubiques entières de produits agricoles. Dans l'entrée, dans les allées, sous les sièges, sur les porte-bagages... bientôt elles ont envahi tout l'espace disponible. Leur technique est imparable. A chaque gare, ils remontent le quai, font livrer les marchandises dans le wagon de queue et au départ du train, campés sur le marche-pied, lâchent quelques milliers d'Ariary pour le tout...


Au rythme lancinant du clac-clac-clac des roues, à 20 kms/h, à flanc de montagne, le train franchit les ponts, saute les rivières, traverse les tunnels, taillade dans les branches qui envahissent la voie … Les paysages sont grandioses, luxuriants, succession de rizières, de bananiers, de caféiers, de palmiers, de sapins, d'eucalyptus. Une chose est sûre, on ne s'ennuit pas un seul instant.


Bien sûr on va passer les trois dernières heures dans le noir quasi complet -et non, pas d'éclairage, juste nos lampes torche! et arriver à Fianarantsoa après 11 heures de voyage mais avec tellement d'images, de souvenirs de rencontres plein la tête. Et surtout avec le sentiment d'avoir vécu une aventure ferroviaire comme il y en a encore peu au monde !

jeudi 10 mai 2012

Route au sud

Journée "open" avant de prendre le train demain vers Fianarantsoa.


Sous les tropiques, on se couche tôt mais on se lève tôt aussi. Debouts avant le lever du soleil pour faire des photos. On a eu beaucoup de chance. A cette latitude, en général, l'horizon est encombré de nuages et on ne le voit jamais sortir de la mer... juste l'intensité lumineuse qui change puis au bout d'un moment, il dépasse la barrière nuageuse et surgit dans le ciel bleu. En général... parce qu'aujourd'hui, rien à l'horizon et la mer qui s'enflamme peu à peu. Ma-gik !!!!


Ensuite direction Vohipeno -Vohipen'. A une quarantaine de kms de Manakar, ce sera le point le plus sud du voyage. Et puis, on se repose sur le Petit Fûté qui nous y promet une ambiance très différente de celle des villes que nous avons visitées. C'est l'ancienne capitale antemoro- antemour- et l'islam y serait bien vivant. Djellabas, turbans, fez et sourates. Haingo rigole un peu, mais bon....


En route, coup de fil de Patrick pour discuter du programme de la semaine prochaine. Quand on lui parle de celui de ce matin, il nous conseille de laisser tomber les tombeaux des rois antemoro et de rencontrer plutôt le roi actuel. Mais il y a une procédure.... Il faut d'abord obtenir l'autorisation d'un édile local et ensuite le convaincre de nous accompagner. En chemin, acheter le rhum pour l'offrande traditionnelle aux ancêtres. Et comment on fait pour le trouver et le convaincre, l'édile ?? Facile, c'est l'oncle d'Emilie, son amie !!! On aura droit au non moins traditionnel discours de bienvenue et comme on est quasi de la famille, à participer aux offrandes. On ne pouvait pas rêver mieux ! Sauf que çà ne va pas du tout se passer comme çà.... L'oncle d'Emilie, un professeur est parti à Farafangana -Farafangan'- faire passer des examens et le pont pour aller jusqu'au village du roi a été détruit par la dernière crue de la rivière, on ne peut passer qu'en 4x4... On fait contre mauvaise fortune bon coeur : marché, achat de mandarines puis roumazaf et poulet-sauce dans un hotely accompagnés à défaut de rhum, par une THB bien fraîche...


Retour à Manakar où il nous faut acheter nos billets pour demain et réserver nos places. Parce que demain, on prend le train ! Entre 10 et 12 heures -voire beaucoup plus- dans la jungle pour rejoindre Fianarantsoa, 1500m plus haut !


Après midi tranquille à déambuler en ville. L'ambiance y est paisible et accueillante. Des avenues bordées d'arbres, des pousse-pousse, des constructions datant de l'époque coloniale un peu partout aux couleurs lessivées par les pluies. Ah oui ! on va se faire masser aussi. Chez Homéopharma... 9 000 Ariary les 45'... à peine 3€ ... A titre de comparaison, une bière (66cl), entre 4 et 6000, un plat dans un hotely entre 6 et 8000....



Et pour dîner ?????????? Langoustes grillées aux Délices !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

mercredi 9 mai 2012

Canal des Pangalanes

Autrefois, avant les colons, le canal des Pangalanes était une succession de lagons peu profonds, abrités de l'océan par un cordon de dunes côtières. L'ensablement aidant, ils ont finis par être coupés de la mer et alimentés uniquement par l'eau douce de tous les cours d'eau qui dévalent vers la côte. La circulation de marchandises -fruits, légumes, poissons, bois, sisal, épices- était importante malgré les contraintes... déchargement et chargement de rives en rives.


Dans la deuxième moitié du 19ème, pour faciliter le transport marchand et le contrôle administratif et militaire sur la région, les colons, sous l'impulsion du Maréchal Galliéni, entreprirent de créer une voie entièrement navigable. Ils l'ont rêvée, les coolies chinois l'ont faite... et le trafic fluvial fut florissant jusque dans les années 60 et le départ des Français...


Depuis, faute d'entretien, bien des portions ne sont plus navigables, les gros bateaux ne passent plus. Retour en arrière toute et cabotage d'un village à l'autre en pirogue...


A Manakar, les pêcheurs embarquent les touristes pour des balades à la journée vers le nord comme vers le sud. Sur des pirogues un peu améliorées quand même ! Elargies, couvertes d'un taux. 4 à 6 personnes peuvent y prendre place, en plus des 4 rameurs, du cuisinier et du guide. Nous, on n'était que tous les deux !


En dépit du côté mora mora indéniable, il faut quand même bien se préparer ! Hier soir, Patrice, notre guide, nous a briefés. Les vêtements rouges sont interdits sur le canal... Les "risques" de pluie et de moustiques sont réels, donc prévoir de quoi se protéger... -d'ailleurs à propos de moustiques, on a commencé la Malarone- et comme il nous faudra parfois patauger dans une eau saumâtre, des chaussures qui tiennent aux pieds. Plus crème solaire, chapeaux, serviettes et maillots ! Le reste -le pique-nique- il s'en occupe ! Et pas laisser traîner les mains dans l'eau.... il n'y a plus beaucoup de crocodiles mais pas tenter le diable malgré tout !


A peine à bord, direction la plage en face sur laquelle les femmes attendent la pêche du matin pour aller la vendre au marché. Il faut approvisionner le pique-nique... Patrice inspecte, discute... Vu qu'on n'est que tous les deux, la recette de la journée ne sera pas énorme, pas de folle espérance... la langouste risque d'être hors budget... 70 000 Ariary la journée pour nous deux, autour de 25€... A répartir entre 6 personnes, l'intendance et le bateau...



Au départ, le port marchand, à l'abandon lui aussi... porte plus au désespoir qu'à la rêverie... Pas mieux pour le pont métallique -visiblement délabré- qui est pourtant vital pour la ville...

Ensuite, on se laisse aller au fil de l'eau et envoûter par la beauté et la tranquillité des paysages qui défilent sous nos yeux... Le canal est encombré de plantes aquatiques inconnues. On reconnaît juste les jacinthes d'eau -que les malgaches ne consomment pas- ou les nénuphars en fleur. Entre les roseaux, des pêcheurs solitaires glissent silencieusement sur leur pirogue. Sur les berges s'entremêlent bambous, palmiers et oreilles d'éléphants, les villages aux cases en revanala se succèdent. Le fil d'une journée ordinaire se déroule devant nous : paysans qui conduisent leurs zébus, femmes qui font la lessive, linge qui sèche dans l'herbe, enfants qui jouent et font de grands signes... Tout celà au rythme régulier et apaisant du ploc-ploc des rames pour nous bercer et avec le fumet du déjeuner qui commence à mijoter pour nous chatouiller les narines ! Ouah !!! elle est pas belle la vie ??

La matinée se termine au "trou du commissaire", une belle plage de sable blanc que la barrière de corail toute proche protège des assauts de l'océan. Un peu bizarre comme nom... souvenir d'un fonctionnaire qui désertait régulièrement son bureau et en avait fait son refuge un peu trop quotidien... Se baigner dans cette piscine naturelle aurait pu être le temps fort de la journée sans le festin qui nous attendait à l'ombre ! Salade d'avocats, achards de carottes et de radis, poisson grillé, poisson-sauce, roumazaff, légumes sautés... riz, fruits et même café. Tout est absolument dé-li-cieux !!! Un ban d'honneur pour le cuistot !!!


Au retour, les incontournables "arrêts techniques". On se sent évidemment un peu pris au piège mais au moins les achats des touristes bénéficient directement aux villageois... épices, vanille, huiles essentielles.


Un autre intérêt de la journée a été d'écouter Patrice. Contrairement à Haingo qui reste très réservé, il n'hésite pas à répondre à nos questions et à développer sa compréhension de la "situation" économique et politique actuelle de Madagascar, à donner sa position sur les "évènements" des dernières années et à partager ses espoirs de changement rapide, ses attentes pour son pays. On se sent bien loin des interprétations occidentales des "sphères bien informées"...

mardi 8 mai 2012

Vers Manakar

On reprend la route de bonne heure.


Au bout de quelques kilomètres, petit bonus d'Haingo, une halte "caméléons" ! Des vrais de vrais qui changent de couleur. Rien que pour nous ! Mais pas facile de les repérer dans les arbres...


La route serpente entre les collines toujours aussi vertes : bambouseraies et ravenalas à perte de vue. Plus de maisons en briques crues rouges, typiques du pays Betsileo, qui commençaient à nous devenir familières, mais un autre habitat traditionnel des zones tropicales, des cases entièrement en ravenalas. Plus connu sous le nom "d'arbre du voyageur" cette variété de palmier semble ici aussi servir à tout... toitures, murs, paniers, cordages... planchers aussi, dit Haingo. Nouveau dépaysement... d'autant que plus de paysans le long de la route mais des pêcheurs partout dans la rivière. Et non, ils cherchent de l'or, dit Haingo !! De l'or ? On y va !


Effectivement, par familles entières, ils sont à tamiser l'eau boueuse avec le fol espoir de voir briller quelque poussière du précieux métal... Le prix d'achat du dixième de gramme -fruit éventuel de leur labeur - nous semble dérisoire. D'autant que pendant ce temps, les enfants ne vont pas en classe... ce qui serait une source de richesses beaucoup plus certaine...


Cette absence massive de scolarisation nous semble, au vu de la démographie galopante conjuguée à la débâcle économique et l'absence de volonté politique, une véritable bombe à retardement.... Quelle place pour toute cette génération sans instruction, sans éducation et incapable de communiquer avec l'extérieur puisque ne parlant que malgache ?


Nous repartons avec nos interrogations. Café à Irondro où un autre business fait fureur... Vato soa ! Vato soa ! autrement dit : pierres précieuses.... "émeraudes" aussi vertes que la forêt... Les vraiies doivent avoir quitté la région depuis belle lurette... Autrement, l'endroit est bien sympathique. C'est un gros carrefour routier : Mananjary tout droit, 101 kms, Manakar à droite 60, Fianarantsoa derrière nous 140... A droite toute ! Plein sud aussi...


Le thermomètre flirte avec les 40° quand nous faisons notre entrée à Manakar sur le coup de midi... Au bout de la route, l'océan indien, les embrums et le bruit assourdissant du ressac. Pas de barrière de corail ici pour en adoucir la force...


Et au bord de la lagune, l'hôtel "les délices" , réservé par Haingo, avec ses bungalows posés au bord de la plage sous les jacarandas et les flamboyants. Il y a bien eu un petit imbroglio mais qui s'est résolu de la meilleure des manières. Le patron réunionnais Sully est un homme d'affaires avisé... et a un très bon chef ! On se régale de son rougail-saucisses ! En attendant les langoustes !!!!!!!!!!!!


L'après-midi est bien avancé et déjà les pêcheurs, leurs pirogues à peine tirées sur le sable, sont assaillis par les femmes qui discutent âprement le prix du poisson. Affaires conclues, elles s'en vont aussitôt faire d'autres affaires... avec les restaurants !


Manakar by night, ce n'est pas pour ce soir.... délestage... On dînera à la bougie ! Et un petit coup de GoogleSky pour terminer !

lundi 7 mai 2012

Le parc de Ranomafana

Le parc de Ranomafana -Ranomafan'- s'étend sur plus de 40000 hectares, entre 600 et 1400 m d'altitude. Il rassemble une grande diversité d'espèces animales et végétales. Oiseaux, reptiles, batraciens, papillons, rongeurs, insectes à foison... Et évidemment, lémuriens ! Côté flore, plantes médicinales, palmiers, bambous, fruitiers, fougères arborescentes géantes, orchidées... Plusieurs circuits y sont organisés, de quelques heures à plusieurs jours avec bivouac. Notons quand même qu'il y pleut quasiment tout le temps et que le taux d'humidité fluctue entre 90 et 95%... Les Malgaches disent qu'à Ranomafana, il y a 2 saisons : celle des pluies et celle... où il pleut !

8 heures, on retrouve Rodin à l'entrée du parc et... il fait beau ! Au programme, découverte de la flore et de la faune dans la forêt tropicale dense et humide de moyenne altitude... Version courte : une demie journée.

Notre visite débute par un sentier aménagé qui descend vers la rivière Namorona. La traversée du pont est quelque peu aventureuse... il a été partiellement emporté lors de la dernière montée des eaux -actuellement une bonne quinzaine de mètres plus bas.

Dès le départ, nous sommes engloutis par une végétation luxuriante. Fougères arborescentes, palmiers, ficus, bambous and co dans lesquels viennent s'accrocher des orchidées... Les fougères arborescentes sont une survivance de la forêt primaire dans laquelle gambadaient les dinosaures. Tout çà plein d'une vie intense à côté de laquelle sans Rodin -très professionnel- nous serions allègrement passés .
Rodin connaît parfaitement la flore et la faune du parc et partage son savoir avec passion. Parce qu'il en a suivi le parcours d'agrément bien sûr-formation, assistant puis guide- mais surtout parce qu'il y a grandi. Chemin faisant, on se raconte un peu... Enfant, avant la création du parc, il y a passé des jours entiers à chasser avec son grand-père... A l'époque, Ranomafana, c'était le bout du monde où presque et n'intéressait personne. Il fallait en partir. Coïncidence, il a été élève -BTS d'électricité- dans le lycée de Tana où Pierre a fait le prof d'électronique. çà crée des liens ! Le poste qu'il a décroché ensuite au barrage de la GIRAMA -l'EDF malgache- lui permettait tout juste de vivoter, pas de faire vivre une famille. C'était l'époque où les chercheurs du monde entier commençaient à s'intéresser à Ranomafana... Pour gagner 3 sous, il faisait le porteur lors des expéditions. Sa bonne pratique du français, sa connaissance du milieu l'ont vite fait remarquer et une chercheuse l'a engagé comme assistant personnel puis lui a financé les études de guide qui se mettaient en place. Il reconnaît qu'il a eu beaucoup de chance mais aussi qu'il a beaucoup travaillé. Ici, les jeunes, parce qu'ils sont nés ici, ils croient que c'est facile de devenir guide. Mais, il n'y en pas un qui aille en classe régulièrement ni qui parle correctement le français. Encore moins l'anglais ou l'allemand... Il y a tout ce qui s'apprend sur le terrain, sur le tas, tous les jours... depuis qu'on est petit. Pas en jouant avec un téléphone... Et il faut aimer aller en classe... Les études de guide, c'est long, c'est compliqué. Il y a énormément à apprendre, dans des domaines très différents... même en photo ! Il y a des touristes qui arrivent sans savoir se servir de leur appareil, surtout dans ces conditions, où, si on maîtrise la macro, on se fait vraiment plaisir. Il faut pouvoir les aider !
C'est vrai que côté macro, il y a de quoi faire... mais nous, ce qu'on attend, c'est les lémuriens ! Direction les goyaviers donc, parce comme ils adorent les goyaves, c'est là qu'on a le maximum de chances de les trouver. Effectivement, on ne tarde pas à les entendre... les voir, dans des feuillages aussi denses, c'est plus compliqué... Mais patience... au bout d'un moment, on ne sait plus très bien qui regarde qui... mais, c'est nous qu'on a les appareils photos ! C'est vrai qu'ils sont étonnants avec leurs yeux si expressifs ! Mais attention ! il y en a un qui se met à faire pipi sur Pierre ! Façon de dire qu'on les dérange peut être ? Mais on est contents, on les a vus ! Et surtout, après celle d'Antonio, une autre belle rencontre, celle de Rodin !